Team Ghost

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Biography

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Cela fait des années que la déferlante électronique française a conquis l’Europe par sa qualité, mais cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas entendu des guitares aussi aventureuses et remplies d’écho émaner du vieux continent.

Et pourtant, c’est bien cette association – des textures synthétiques de Tangerine Dream et Brian Eno, à l’indie-rock de Sonic Youth et My Bloody Valentine – que Nicolas Fromageau a en tête quand il monte Team Ghost en 2009 avec Christophe Guérin.

En 2004, le chanteur, guitariste et producteur quitte sa place au sein d’M83 et le soleil d’Antibes pour rejoindre l’obscurité parisienne et céder à ses envies de textures sono-res de plus en plus torturées.

« Quand j’ai quitté M83, je n’avais pas d’idée précise de ce que je voulais faire », expli-que Nicolas, «J’ai pris le temps d’expérimenter, de trouver vers quels genres d’ambiances j’avais envie de me diriger. Team Ghost est beaucoup plus sombre que M83 : j’adore les groupes cold wave comme Joy Division, Cocteau Twins, … »

« J’ai juste essayé de créer un nouveau son, je ne voulais pas faire un autre M83 »

Il y a maintenant 2 ans que le groupe est au complet, avec Christophe Guérin à la guitare et au chant, Félix Delacroix à la batterie et Pierre Blanc à la basse, auxquels s’est ajouté le directeur artistique et membre honoraire du groupe Jean-Philippe Talaga. Team Ghost s’est rapidement fait remarquer en France et à l’étranger, assurant la pre-mière partie de Crystal Castles sur leur tournée européenne (sur l’invitation personnelle du duo), et recevant au passage le soutien de Pitchfork.

Après deux EP éthérés et fantomatiques, You Never Did Anything Wrong To Me et Ce-lebrate What You Can't See, enregistrés à la maison et sortis sur le légendaire label londonien Sonic Cathedral, ce premier album de Team Ghost sera l’occasion pour le groupe - désormais complété par le producteur Benoît de Villeneuve à la guitare, au chant et aux claviers - d’enregistrer dans un studio professionnel. Leur univers coldgaze (mélange de cold wave et de shoegaze, terme inventé par le NME pour définir la musi-que de Team Ghost) s’en ressort dynamisé – une claque un peu plus pop comparée à l’ambiance brumeuse des maxis.

« C’est une évolution naturelle », continue Nicolas. « Dans un sens, on essaye de faire des morceaux pop expérimentaux. On adore la pop, en fait – c’est pour ça que la plu-part des morceaux de l’album sont assez courts et punchy ».

« Le but était de mélanger l’énergie brute du live avec la précision des synthés et des machines », ajoute Benoît. « Donc on a beaucoup travaillé dans mon studio, Nicolas et moi, pour enregistrer des tonnes de sons, nappes et textures différents. Une fois qu’on avait tout ça, on est allé avec le groupe enregistrer nos instruments en live tout en écoutant au casque les sons qu’on avait produits avant. Et tout s'est parfaitement em-boité, ça nous a surpris. Ça aurait pu être un vrai cauchemar ! »

Le processus a peut-être été simple, mais c’est une autre paire de manches que d’arriver à décrire avec précision l’univers obscur et post-apocalyptique de Rituals.

Les titres électroniques tout en retenue comme Away ou Broken Devices sortent tout droit d’un paysage urbain futuriste et glaçant à la JG Ballard, tel le ressac froid et hui-leux de la Seine. Curtains et le premier single Dead Film Star distordent les guitares en joyaux indie-pop, et somebody’s Watching mélange des paroles sexuelles et voyeuris-tes avec des choeurs d'église rappelant ceux que Popol Vuh a utilisés pour la B.O de l’insensé Aguirre ou la Colère de Dieu de Werner Herzog.

« Les morceaux doivent parler à l’imaginaire », explique Benoît, « le passé, le futur, les machines, la nature… »

« … et moi j’ai écrit les trucs obscènes », s’amuse Nicolas.

Paris semble avoir grandement influencé le groupe musicalement. Rituals a beau avoir des aspects pop, il s’agit aussi d’une traversée nocturne dans ce que la capitale a de plus troublant à offrir – l’exploration d’obsessions malsaines, de vices et de dysfonc-tionnements numériques au sein des splendeurs délavées des boulevards majestueux.

Lorsqu'ils montent sur scène pour défendre leur univers intense, les musiciens prennent un plaisir immense, et comptent bien le prolonger et le diffuser le plus loin possible. Si Rituals atteint le succès qu’il mérite, le futur sera délicieusement noir pour Team Ghost – c’est là qu’ils se sentent bien.

John Heron.